Août 2026

Revue de presse

Hôtellerie · Tourisme · Immobilier

7 septembre 2026.

Août 2026 livre le verdict d’une saison estivale que la chaleur a redessinée, et la montagne en sort gagnante. Sur juin-juillet, les Alpes du Nord signent la plus forte progression de valeur de tout l’été français : un RevPAR en hausse de 12,8 % sur un an et de près de 19 % en deux ans, porté par un prix moyen à +8,9 %. Les stations françaises bouclent la saison à 65,8 % d’occupation, avec un mois d’août à 72 % et un pic à 80,7 %. En Suisse, les remontées mécaniques enregistrent leur meilleur été jamais mesuré, à 27 % au-dessus de la moyenne quinquennale. Derrière ces volumes, la valeur suit : UBS relève de 4 % le prix des appartements de vacances alpins et en attend encore 5 % cette année, pendant que 67 projets hôteliers se préparent dans les Alpes du Nord à l’horizon des Jeux de 2030. La bi-saisonnalité alpine n’est plus une hypothèse de business plan, c’est une ligne de recette.

Alpes du Nord : RevPAR en hausse de 12,8 %, la plus forte progression de valeur de l’été français

Le 19 août 2026, Hospitality ON et l’Alliance France Tourisme ont publié leur lecture du panel hôtelier MKG pour l’été. Sur juin-juillet, le massif alpin affiche un RevPAR en progression de 12,8 % sur un an et de près de 19 % sur deux ans, porté par un prix moyen en hausse de 8,9 % et par 2,5 points d’occupation gagnés. Le seul mois de juin ressort à +22 % de RevPAR. C’est la plus forte progression de valeur de l’été, toutes zones françaises confondues, et le troisième été consécutif de croissance pour les Alpes du Nord. Le littoral de la Manche, autre bénéficiaire de la chaleur, gagne pour sa part 3,6 points d’occupation sur la période.

Pourquoi c’est important : Ce chiffre change la nature de l’argument estival en montagne. Jusqu’ici, l’été alpin se vendait en volume, avec des prix consentis pour remplir. Cette fois, l’essentiel de la performance vient du prix moyen : la clientèle accepte de payer l’altitude, ce qui déplace directement la valeur locative des actifs. Pour un investisseur, une progression de 19 % de RevPAR en deux ans sur une saison réputée secondaire réduit la dépendance au risque neige et relève le taux d’effort qu’un exploitant peut soutenir. Concrètement, un business plan alpin peut désormais s’adosser à deux saisons valorisées, et non à un hiver qui finance un été à l’équilibre. C’est ce qui rend défendable, aujourd’hui, une hypothèse de loyer supérieure à celle d’il y a trois ans.

Stations de montagne : l’été se boucle à 65,8 % d’occupation, avec un pic à 80,7 % la semaine du 8 août

Publié le 28 août 2026, le baromètre de l’ANMSM réalisé avec G2A donne un taux d’occupation moyen de 65,8 % pour les stations de montagne françaises sur l’été, en hausse de 2,5 points sur un an et de 5 points sur deux ans. Juillet ressort à 63,3 % et août à 72 %, avec un pic à 80,7 % la semaine du 8 août. Les Pyrénées mènent la progression à 69,8 %, devant les Alpes du Sud à 66,8 % et les Alpes du Nord à 64,6 %. Par type d’hébergement, les résidences de tourisme dominent à 74,1 %, devant les villages vacances à 68,4 %, l’hôtellerie à 67,9 % et les agences immobilières à 50,6 %. La clientèle étrangère pèse 18,3 %, menée par les Pays-Bas, la Belgique et le Royaume-Uni.

Pourquoi c’est important : L’écart entre les 74,1 % des résidences de tourisme et les 50,6 % des agences immobilières mesure très précisément la prime à l’exploitation professionnelle. Un même lit, dans la même station, gagne près de 24 points d’occupation lorsqu’il est commercialisé par un opérateur structuré plutôt que loué en direct. C’est l’argument économique central du basculement des lits froids vers les lits chauds, et le socle de tout projet de résidence gérée en montagne. Pour un investisseur, ces 65,8 % de moyenne estivale confirment aussi un point d’entrée : l’été n’est plus une variable d’ajustement mais une contribution mesurable au compte d’exploitation annuel, donc à la valorisation.

Remontées mécaniques suisses : meilleur été jamais mesuré, à 27 % au-dessus de la moyenne quinquennale

Remontées Mécaniques Suisses a publié le 3 septembre 2026 son bilan de la saison estivale. De mai à fin août, les premières entrées progressent de 7 % sur un an et de 27 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. L’Oberland bernois signe la plus forte hausse, à 21 % sur un an et 58 % au-dessus de sa moyenne quinquennale, portée par le retour à pleine exploitation des installations du Schilthorn. Les Grisons gagnent 11 % sur un an. Les Alpes vaudoises et fribourgeoises progressent de 5 % sur un an et de 28 % sur la moyenne quinquennale. Le Valais reste stable sur un an, à 8 % au-dessus de sa moyenne. Un mois d’août à 3,5 degrés au-dessus de la norme 1991-2020 a soutenu la demande, avec une clientèle nord-américaine en progression qui a compensé le recul des marchés asiatiques.

Pourquoi c’est important : Les remontées mécaniques sont le meilleur indicateur avancé de la fréquentation d’une destination alpine, parce qu’elles comptent des passages réels et non des intentions. Un été à 27 % au-dessus de la moyenne quinquennale valide l’hypothèse d’exploitation estivale sur laquelle reposent les projets hôteliers helvétiques en cours. L’écart régional est tout aussi instructif : l’Oberland bernois montre qu’un investissement d’infrastructure remis en service produit un effet immédiat et chiffrable sur les flux. Pour un investisseur, c’est un critère d’arbitrage concret entre destinations suisses : le calendrier des travaux de remontées mécaniques d’une station conditionne la courbe de montée en puissance d’un actif hôtelier qu’on y acquiert.

Haute-Savoie : 66,1 % d’occupation sur l’été, les stations de montagne gagnent 3,1 points

Le comité départemental du tourisme de Haute-Savoie a livré son bilan le 4 septembre 2026. Du 6 juin au 4 septembre, le taux d’occupation moyen du département atteint 66,1 %, en progression de 2,5 points sur un an. Les stations de montagne ressortent à 62,6 %, en hausse de 3,1 points, tandis que les destinations hors montagne affichent 75,3 % avec un mois d’août proche de 87 %. La clientèle internationale représente environ 29 % des séjours. Le passage du Tour de France et une manche de Coupe du monde UCI, combinés aux épisodes de forte chaleur, sont cités comme les principaux moteurs de la saison. Au total, 72 % des professionnels se déclarent satisfaits ou très satisfaits de la fréquentation de juillet et août.

Pourquoi c’est important : La Haute-Savoie est le laboratoire de la stratégie quatre saisons alpine, et ses stations progressent plus vite que le département dans son ensemble : 3,1 points contre 2,5. L’élément décisif pour un investisseur est ailleurs, dans la mécanique événementielle. Le Tour de France et la Coupe du monde UCI transforment une semaine d’intersaison en semaine pleine, à prix soutenu, sans capex. Une station capable de sécuriser un calendrier d’événements récurrents lisse sa courbe d’occupation et améliore son RevPAR annualisé bien plus vite qu’en ajoutant des lits. Cet actif immatériel se lit dans le compte d’exploitation, et se valorise donc au moment de la cession.

Été touristique 2026 : la chaleur et le haut de gamme élargissent la carte des destinations françaises

Dans son analyse du 19 août 2026, fondée sur le panel hôtelier MKG arrêté au 17 du mois, l’Alliance France Tourisme décrit une saison portée par trois forces : une chaleur historique qui déplace la demande vers la Manche et la montagne, des arbitrages de pouvoir d’achat qui reportent une partie des départs sur juin et septembre, et un haut de gamme tiré par les clientèles internationales. Juin affiche 79,1 % d’occupation dans l’hôtellerie française, avec un RevPAR en hausse de 3,7 %. Juillet confirme avec 0,9 point d’occupation supplémentaire et un RevPAR à +3,3 %. Paris atteint 90 % en juin et la Côte d’Azur dépasse 90 % au cœur de l’été, tandis que la première quinzaine d’août ressort à 72,5 %, avec des réservations d’arrière-saison bien orientées.

Pourquoi c’est important : La lecture nationale replace la performance alpine dans son échelle. Avec +3,3 % de RevPAR en juillet au niveau français, les +12,8 % des Alpes du Nord représentent près de quatre fois la moyenne du marché. Cet écart est le vrai signal : il ne s’agit pas d’une marée qui soulève tous les bateaux, mais d’une redistribution géographique de la valeur au profit des destinations fraîches. Pour un porteur de projet, cela justifie de réévaluer les hypothèses d’un actif alpin acheté sur des comparables nationaux, qui sous-estiment désormais son potentiel. Le report des départs sur juin et septembre renforce par ailleurs l’intérêt d’une exploitation à saison longue, plutôt que d’un pic concentré sur cinq semaines.

UBS Alpine Property Focus 2026 : les appartements de vacances alpins gagnent 4 %, et 5 % sont attendus cette année

Référence de marché publiée le 4 juin 2026, l’Alpine Property Focus d’UBS mesure une hausse de près de 4 % du prix des appartements de vacances alpins sur l’année écoulée. La Suisse et l’Italie mènent avec environ 6 % chacune, devant l’Autriche à un peu plus de 3 % et la France à environ 1 %. Les cinq stations les plus chères des Alpes sont toutes suisses : Gstaad à 25 200 CHF le mètre carré, Engadine et Saint-Moritz à 24 000, Verbier à 23 600, Andermatt à 22 200 et Zermatt à 21 000. Courchevel arrive en tête des destinations françaises, autour de 18 500 CHF. Les écarts entre stations restent marqués, de Crans-Montana à +15,2 % jusqu’à Verbier à -7,8 %. UBS attribue la tension à un déséquilibre structurel : 33 000 ménages suisses à plus de 200 000 CHF de revenus gagnés entre 2017 et 2022, pour seulement 9 000 résidences de montagne construites. La banque anticipe environ 5 % de hausse en 2026.

Pourquoi c’est important : Le rapport chiffre la rareté foncière alpine avec une précision rarement disponible : trois fois plus de ménages fortunés créés que de logements de montagne construits sur cinq ans. Ce déséquilibre est le moteur de fond de la valorisation, et il ne se résorbera pas vite compte tenu des contraintes de constructibilité. Pour un investisseur hôtelier, l’enseignement est double. D’abord, la valeur du foncier en station continuera de progresser, ce qui plaide pour sécuriser les emprises tôt. Ensuite, l’écart de 23 points entre Crans-Montana et Verbier rappelle que la moyenne alpine ne dit rien d’une station donnée : la sélection du site pèse davantage que le cycle de marché. Enfin, le prix helvétique élevé alimente mécaniquement le report d’une partie de la demande vers les stations françaises voisines.

Alpes du Nord : 67 projets hôteliers actifs et près de 4 900 unités attendues d’ici les Jeux de 2030

Référence de marché datée du 11 juin 2026, présentée à Annecy lors de la conférence « Les Tendances de l’Hôtellerie de la Montagne » : les travaux d’In Extenso Tourisme, Culture et Hôtellerie avec le cabinet G2A recensent 67 projets actifs dans les Alpes du Nord, dont 36 projets hôteliers et 31 projets para-hôteliers. À horizon 2030, ils représenteraient près de 4 900 nouvelles unités d’hébergement, soit 2 800 chambres d’hôtel et 2 100 logements para-hôteliers. Le parc actuel compte 564 hôtels et 18 165 chambres. La montée en gamme est nette : le haut de gamme et le luxe pèsent 27 % de l’offre, contre 19 % dix ans plus tôt. Les projets se concentrent sur Courchevel, Les Belleville, Tignes, Val d’Isère, La Plagne, Chamrousse et l’Alpe d’Huez.

Pourquoi c’est important : Ce recensement est le seul document qui donne la profondeur réelle du pipeline alpin, et il change la lecture des chiffres de fréquentation de cet été. Ajouter 2 800 chambres à un parc de 18 165 représente une croissance de 15 % de l’offre hôtelière en cinq ans, concentrée sur sept stations. Pour un investisseur, cela impose de raisonner station par station : là où la demande progresse de 12,8 % en valeur et où le pipeline reste léger, la fenêtre est ouverte ; là où plusieurs projets se croisent sur la même gamme, l’hypothèse de prix moyen doit être révisée à la baisse. Le glissement de 19 % à 27 % de haut de gamme indique par ailleurs où se situe la concurrence future, et où l’offre milieu de gamme se raréfie.

Baromètre Extendam : RevPAR français à 123 euros, l’Auvergne-Rhône-Alpes en tête à +7,7 %

Le 71e Baromètre de l’Hôtellerie, publié par Extendam le 17 juillet 2026 avec MKG Consulting, D-EDGE, e-axess, SNCF Voyages, BNP Paribas Real Estate et Natixis, porte sur les performances de juin 2026. En France, le RevPAR atteint 123 euros, en hausse de 3,6 % sur un an, avec un taux d’occupation en progression de 1,2 point et un prix moyen à +2,0 %. L’Auvergne-Rhône-Alpes se détache nettement avec un RevPAR en hausse de 7,7 %, soit plus du double de la moyenne nationale. En Europe hors France, le RevPAR progresse de 4,5 % pour atteindre 113 euros, porté par des prix moyens à +3,4 % et 0,9 point d’occupation supplémentaire.

Pourquoi c’est important : Le baromètre livre le repère de marché qui manque souvent aux dossiers alpins : un RevPAR national de référence, actualisé, sur un panel large. Avec 123 euros en France et une région Auvergne-Rhône-Alpes à +7,7 %, l’écart régional se confirme mois après mois et non sur un seul relevé estival. Pour un exploitant en négociation de bail, c’est un argument documenté pour défendre une trajectoire de recettes supérieure à la moyenne. Pour un investisseur, la comparaison France et Europe hors France, à 123 euros contre 113 euros, montre que le marché français reste bien valorisé en absolu, mais que la croissance vient désormais des territoires, pas des grandes métropoles.

En résumé : 3 signaux d’août 2026

Signal #1 : Demande, la fraîcheur d’altitude a fait la saison des deux côtés de la frontière

Les stations françaises bouclent l’été à 65,8 % d’occupation, avec un mois d’août à 72 % et un pic à 80,7 %. La Haute-Savoie gagne 3,1 points sur ses stations. En Suisse, les remontées mécaniques signent leur meilleur été jamais mesuré, à 27 % au-dessus de la moyenne quinquennale. La demande estivale alpine n’est plus un complément, c’est une saison à part entière.

Signal #2 : Valeur, la montagne progresse quatre fois plus vite que le marché hôtelier français

Les Alpes du Nord affichent +12,8 % de RevPAR sur juin-juillet, contre +3,3 % pour l’hôtellerie française en juillet. La hausse vient du prix moyen, à +8,9 %, et non du seul remplissage. Côté immobilier, UBS relève de 4 % le prix des appartements de vacances alpins et en attend 5 % cette année. La valeur locative et la valeur patrimoniale montent ensemble.

Signal #3 : Offre, 4 900 unités se préparent dans les Alpes du Nord avant les Jeux de 2030

In Extenso et G2A recensent 67 projets actifs, dont 36 hôteliers, soit près de 4 900 unités à horizon 2030 et une croissance de 15 % du parc de chambres. Le haut de gamme et le luxe passent de 19 % à 27 % de l’offre en dix ans. La fenêtre reste ouverte, mais elle se referme station par station : le pipeline local devient le premier critère d’arbitrage.

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