La dynamique du tourisme en ce début d’année 2026 est résolument positive dans les Alpes françaises et suisses. Cette revue de presse fait le point sur les faits marquants du dernier mois écoulé : fréquentation hivernale record, investissements stratégiques dans l’hôtellerie de montagne, mais aussi défis en perspective. Tour d’horizon des actualités clés de janvier 2026 en France et en Suisse, avec un focus sur les implications pour les investisseurs, exploitants et destinations alpines.
Fréquentation record dans les Alpes du Nord et du Sud. En Haute-Savoie, le taux d’occupation moyen a dépassé 84 % sur l’ensemble des fêtes de fin d’année, en hausse de près de 2 points par rapport à l’an dernier. La semaine du Nouvel An culmine même à 92,5 % de taux d’occupation (+1 point), confirmant l’attractivité exceptionnelle de la période. Même son de cloche dans les Alpes du Sud : grâce à une météo favorable (froid et enneigement), les hébergements marchands ont dépassé 80 % de remplissage (+3 % vs N-1), avec plus de 90 % de taux d’occupation sur la semaine du Nouvel An. Dans les Hautes-Alpes, les 27 stations ont affiché quasiment complet, accueillant plus de 500 000 touristes durant les deux semaines de vacances, un démarrage de saison hivernale jugé « exceptionnel » par les acteurs locaux.
Pourquoi c’est important : ces performances confirment un engouement durable pour les séjours à la montagne. Pour les investisseurs et opérateurs, des taux d’occupation aussi élevés en décembre-janvier se traduisent par une hausse des revenus hébergement et ski, améliorant la rentabilité des actifs touristiques. Malgré les incertitudes (inflation, pouvoir d’achat), la clientèle française comme internationale répond présent, notamment sur les stations d’altitude prisées. Cela valide les stratégies d’allongement de la saison d’hiver (ouvertures anticipées, offres festives au Nouvel An) et encourage les territoires alpins à poursuivre la diversification 4 saisons. En résumé, le marché montre une résilience solide et un appétit intact pour le ski alpin, ce qui incite à investir dans la qualité de l’offre et l’expérience client pour capitaliser sur cette demande.
« La bonne performance des domaines skiables reflète une avant-saison exceptionnelle, avec de très bonnes conditions (neige abondante et froid) qui ont permis de débuter l’hiver 2025/26 dans les meilleures conditions » souligne le communiqué de la Compagnie des Alpes.
Résultats en forte hausse pour le leader des domaines skiables. La Compagnie des Alpes (CDA), qui exploite de nombreuses stations (La Plagne, Val d’Isère, Méribel, etc.), affiche un chiffre d’affaires record d’environ 290 M€ sur le 1er trimestre de son exercice 2025/26, en progression de +10,4 % (+9,5 % à périmètre constant). Cette croissance est largement attribuable à la saison de ski : les revenus des remontées mécaniques et activités de plein air atteignent 95,8 M€ sur le trimestre, soit +20 % par rapport à l’an dernier. Un effet calendaire positif (un jour de vacances de Noël supplémentaire) et des conditions météo idéales (froid durable et neige précoce) ont permis d’ouvrir certains domaines en avance et de remplir les stations de haute altitude. Parallèlement, la CDA élargit son offre : sa filiale hébergement MMV a inauguré en décembre une nouvelle résidence club de 1 020 lits à Serre-Chevalier, portant à 22 le nombre de sites exploités. Le tour-opérateur Travelski (groupe CDA) a également lancé cet hiver un train de nuit direct Paris–Bourg-Saint-Maurice pour acheminer les skieurs de façon écoresponsable jusqu’en Tarentaise.
Pourquoi c’est important : ces résultats illustrent la vitalité du modèle économique alpin intégré. Pour les investisseurs, la CDA fait figure de baromètre du marché : sa croissance à deux chiffres témoigne du rebond post-pandémie et de la capacité du secteur à monétiser la demande touristique lorsque les facteurs sont favorables. L’entreprise a su diversifier ses revenus (hébergements, packages transport…) pour capter davantage de valeur par visiteur, tout en maîtrisant ses coûts (marges opérationnelles en hausse). Son pari sur la durabilité (train de nuit, gestion énergétique des domaines) répond aux attentes sociétales et réduit les risques réglementaires futurs. Pour les destinations et collectivités, le succès de ce début d’hiver confirme que les sports d’hiver demeurent un pilier économique régional, tout en soulignant l’importance de l’enneigement artificiel et de la transition énergétique pour pérenniser cette performance dans un contexte de changement climatique. Les propos du directeur général, Dominique Thillaud, se veulent d’ailleurs optimistes : ce début d’exercice “confirme un appétit constant pour le ski” de la part de la clientèle. La CDA anticipe une croissance de ~10 % de son EBO annuel, signe d’une confiance renouvelée dans le potentiel du marché de la montagne.
Montée en gamme des résidences de tourisme en montagne. Le groupe français Pierre & Vacances-Center Parcs, spécialiste des appartements et résidences de vacances, a inauguré en décembre une nouvelle adresse 4 étoiles au cœur d’Avoriaz (Haute-Savoie). Baptisée Capella, cette résidence haut de gamme de 5 étages est le fruit de la réhabilitation complète de l’ancienne résidence L’Hermine, construite en 1967. Capella propose des appartements modernes d’environ 30 m², optimisés pour accueillir 4 personnes avec un design contemporain et des aménagements modulables. Le projet a consisté à moderniser un actif existant emblématique de la station, en améliorant confort et performance environnementale tout en préservant l’architecture originale “Pierre & Vacances” d’Avoriaz. Cette ouverture s’inscrit dans une stratégie plus large du groupe : valoriser son parc alpin par des rénovations premium. Pierre & Vacances vise ainsi à accroître la valeur par clé de ses résidences de montagne, en réponse à l’évolution des attentes des clients (plus de standing, de services). Le groupe a d’ailleurs annoncé des partenariats en Suisse (avec Swisspeak Resorts) pour développer des projets alpins haut de gamme, signe de son appétit pour ce segment.
Pourquoi c’est important : ce repositionnement illustre une tendance de fond dans l’immobilier touristique alpin : la rénovation et la montée en gamme d’actifs existants. Pour les investisseurs, le cas Capella montre qu’il est possible de doper la rentabilité d’un établissement en améliorant son positionnement, une approche particulièrement pertinente dans des stations matures où le foncier est rare et la réglementation environnementale renforcée. En misant sur le haut de gamme durable (rénovation énergétique, design soigné, services hôteliers), Pierre & Vacances espère attirer une clientèle à plus forte valeur ajoutée et sécuriser ses tarifs face à la concurrence. Pour les destinations, c’est la garantie d’un hébergement de qualité mieux intégré localement (emplois, partenariats avec des acteurs de la station). L’initiative Capella reflète aussi l’adaptation nécessaire du parc d’hébergement alpin aux « nouveaux fondamentaux de la montagne touristique » : exigence écologique, expérience client enrichie, et recherche de modèles plus résilients sur le long terme. À terme, cette montée en gamme pourrait soutenir la valeur des actifs immobiliers de loisir en station et attirer de nouveaux investisseurs institutionnels sur le marché alpin.
« Cette réhabilitation exemplaire illustre notre vision d’une résidence de montagne nouvelle génération, durable, respectueuse de son environnement et pleinement intégrée à son territoire », déclare Grégory Sion, directeur général de Pierre & Vacances.
Fin d’année 2025 en hausse pour les nuitées suisses. Après une période automnale plus modérée, la fréquentation hôtelière en Suisse est repartie à la hausse en décembre. Selon les résultats provisoires de l’Office fédéral de la statistique (OFS), les nuitées hôtelières ont augmenté de +5,9 % en décembre 2025 par rapport à décembre 2024. Cette progression est tirée tant par la clientèle locale qu’étrangère : le nombre de visiteurs suisses progresse de +4,3 %, tandis que les hôtes internationaux bondissent de +7,4 % sur un an. Les marchés lointains montrent des signes de reprise marqués : la clientèle en provenance d’Amérique a crû de +8,4 %, celle d’Europe de +7,5 % (avec un retour en force des Italiens, +20,6 %), et les voyageurs d’Asie de +5,9 %. Ces chiffres confirment la tendance d’un rebond post-pandémique entamé en 2023, où l’hôtellerie suisse avait déjà frôlé ses niveaux d’avant-crise. En comparaison, le mois de novembre 2025 avait été stable (-0,3 % de nuitées), preuve que l’effet fêtes de fin d’année reste déterminant. Au total, l’OFS estime que 2,44 millions de nuitées ont été réalisées en décembre sur l’ensemble du pays, dont près de la moitié dans les régions alpines et villes touristiques phares (les statistiques détaillées par canton suivront avec les données définitives).
Pourquoi c’est important : ce regain de fréquentation confirme que la destination Suisse demeure très attractive, en particulier pour la clientèle internationale à haute contribution. Pour les investisseurs hôteliers, ces indicateurs positifs augurent d’une amélioration des RevPAR et des taux d’occupation au 4ᵉ trimestre, ce qui peut soutenir la valorisation des actifs (hôtels, résidences de vacances) et justifier des projets d’acquisition ou de rénovation. La diversification géographique des clientèles (retour massif des Européens, Amérique du Nord en croissance, Asie en reprise partielle) rééquilibre la demande et réduit la dépendance à un seul marché. Les professionnels suisses notent toutefois que certains segments ne sont pas encore complètement revenus, notamment les touristes chinois et indiens qui restent en deçà de 2019 : un potentiel de croissance supplémentaire à moyen terme. Pour les exploitants, la hausse du volume de nuitées doit s’accompagner d’une gestion fine des coûts opérationnels dans un contexte inflationniste (énergie, alimentation, salaires). Mais globalement, la fin d’année 2025 donne confiance : la Suisse touristique a su traverser la pandémie et profite désormais d’un effet rattrapage. Cette dynamique positive, si elle se poursuit sur l’hiver 2026, pourrait inciter au lancement de nouveaux projets hôteliers ou à l’extension de capacités, notamment en montagne où la demande de séjours reste très soutenue.
Records de fréquentation et perspectives MICE en Suisse romande. La destination Montreux – Vevey – Lavaux (canton de Vaud) a enregistré l’an dernier un niveau inédit de fréquentation touristique. D’après le bilan présenté le 27 janvier par la Société des hôteliers Montreux-Vevey-Lavaux (SHMV), la destination a atteint entre 760 000 et 770 000 nuitées en 2025, soit une hausse d’environ +4 % sur un an. Il s’agit d’un record absolu pour cette région, portée par la clientèle suisse, britannique et française en particulier. Les hôteliers locaux évoquent une année « exceptionnelle » malgré un contexte exigeant, reflétant “la solidité et l’attractivité” du secteur. Au-delà des hôtels, ce succès profite à toute l’économie locale : une étude d’impact indépendante a chiffré à 160 millions CHF les retombées économiques annuelles de l’hôtellerie sur Montreux-Vevey (dépenses locales, emplois, sous-traitance), dont 1 700 emplois générés en haute saison. Forts de ces résultats, les acteurs de la Riviera se tournent vers 2026 avec optimisme, notamment grâce à la réouverture attendue du Centre de congrès 2m2c de Montreux après rénovation. Ce palais des congrès modernisé accueillera à nouveau les grands événements internationaux : le Montreux Jazz Festival (60ᵉ édition en juillet), le Septembre Musical (80ᵉ anniversaire), Montreux Art Gallery, Montreux Comedy Festival, etc.. L’effet MICE (tourisme d’affaires et évènementiel) devrait ainsi soutenir l’activité hors saison estivale. Les hôteliers de la région soulignent l’importance de rester unis et innovants pour transformer les défis à venir en opportunités et assurer un avenir durable à cette destination d’exception.
Pourquoi c’est important : ce cas exemplaire illustre la reprise éclatante du tourisme en Suisse romande et le rôle clé des destinations à forte identité. Pour les investisseurs, Montreux-Vevey démontre que l’attractivité d’une région combinant nature, culture et événements peut générer une croissance solide des nuitées, y compris dans un environnement post-Covid. Le retour des événements majeurs et du tourisme d’affaires en 2026 est un signal très positif : ces flux MICE apportent une clientèle solvable en « hors saison », améliorant le taux d’occupation annuel moyen des hôtels et élargissant les sources de revenus (locations de salles, catering, etc.). Cela conforte les modèles d’investissement misant sur des infrastructures polyvalentes (hôtels avec centres de conférence, par exemple). En parallèle, l’étude économique rappelle que l’hôtellerie a un effet multiplicateur local important : pour les autorités et partenaires, soutenir le secteur (formations, promotion commune, infrastructures) est un investissement rentable en retombées et en emplois qualifiés. La présidente de la SHMV, Estelle Mayer, a d’ailleurs insisté sur la force du collectif : « la capacité de notre destination à se réinventer et à avancer collectivement » est, selon elle, au cœur de cette réussite. En somme, Montreux-Vevey donne le « la » d’un tourisme suisse résilient, capable d’innovation et misant sur l’excellence, ce qui de bon augure pour les projets à venir dans les Alpes lémaniques.
Le marché intérieur, rempart contre les chocs externes. « Le tourisme intérieur reste notre assurance-vie », affirme Reto Nause, le nouveau président de la Fédération suisse du tourisme (FST). Dans une interview fleuve accordée fin janvier, ce dernier souligne combien la conjoncture mondiale fragile (pandémie, instabilité géopolitique) a remis au premier plan l’importance des visiteurs domestiques pour la santé du secteur. Les Suisses ont répondu présent dans leurs régions ces dernières années, compensant en partie l’absence temporaire des clientèles lointaines. Selon Reto Nause, la sécurité, la fiabilité et la proximité offertes par le tourisme intérieur constituent un socle solide en période de crise. Il encourage toutefois les acteurs à innover pour fidéliser cette clientèle locale exigeante : développement d’offres inédites (séjours thématiques, tourisme durable, digitalisation de l’expérience) et montée en gamme continue de l’hôtellerie helvétique, qu’il considère comme un « moteur d’innovation » (notamment sur l’efficacité énergétique et la mobilité douce). Par ailleurs, R. Nause met en garde contre d’éventuelles mesures d’austérité budgétaire qui pèseraient sur la promotion touristique ou les infrastructures : il plaide pour le maintien d’investissements publics stratégiques afin de soutenir la compétitivité de la Suisse comme destination. En somme, sa vision se veut à la fois prudente et volontariste : capitaliser sur la force du marché domestique sans renoncer à reconquérir les visiteurs internationaux, grâce à une offre renouvelée et une coopération accrue entre tous les acteurs (secteur privé, pouvoirs publics, associations).
Pourquoi c’est important : ce point de vue émanant d’un responsable national du tourisme offre un éclairage stratégique. Pour les investisseurs et exploitants en France comme en Suisse, il rappelle que les touristes locaux/régionaux sont un pilier de l’activité, notamment en période de turbulences (crises sanitaires, fluctuations des devises, etc.). Une destination qui entretient sa popularité auprès de sa population s’assure un flux régulier et moins volatile de visiteurs, un atout précieux pour lisser les revenus. Dans les Alpes, cela passe par exemple par des offres adaptées aux clientèles de proximité (courts séjours ski, événements culturels, politique tarifaire pour les résidents). Sur le plan de l’immobilier touristique, cette confiance dans le marché domestique peut encourager des investissements dans des produits ciblant la demande interne (hôtels familiaux, lodges quatre saisons, centres de bien-être accessibles aux locaux…). En même temps, le secteur ne peut ignorer le retour des voyageurs internationaux, porteurs de croissance additionnelle : l’innovation et la qualité devront être au rendez-vous pour rester compétitif à l’échelle globale. Enfin, l’accent mis sur la sécurité et la stabilité est un message aux décideurs publics : toute réglementation ou coupe budgétaire doit être évaluée à l’aune de son impact potentiel sur la filière. La résilience du tourisme alpin franco-suisse passera ainsi par un subtil équilibre entre ancrage local et rayonnement international, soutenu par une vision commune de long terme.
Demande en pleine forme : la saison d’hiver démarre sur les chapeaux de roues dans les Alpes. Taux d’occupation record à Noël/Nouvel An, tourisme domestique robuste et retour marqué des clientèles européennes et nord-américaines témoignent d’un engouement post-pandémie durable pour les destinations de montagne. Les voyageurs montrent une envie accrue de nature, de neige et d’expériences locales, ce qui profite tant aux stations haut de gamme qu’aux territoires plus confidentiels.
Investissements et repositionnements : face à cette dynamique, les acteurs du tourisme affûtent leurs stratégies. On observe une montée en gamme de l’offre (résidences 4* rénovées, nouveaux concepts lifestyle en station) pour répondre aux attentes actuelles des clients. Les indicateurs financiers positifs (chiffre d’affaires en hausse, RevPAR en progression) confortent les investisseurs, tout en incitant à innover : offres “tout compris”, intégration du durable (train de nuit pour skieurs, écolabels) et exploitation 4 saisons cherchent à créer de la valeur sur le long terme dans l’immobilier touristique alpin.
HoliProject Switzerland est une société de conseil et transaction pour les acteurs de lʼhôtellerie opérant en France et en Suisse. Nous accompagnons les investisseurs et exploitants dans la réussite de leurs projets hôteliers – du conseil stratégique à la gestion de projet – afin de transformer les tendances du marché en opportunités concrètes.