Septembre 2026

Revue de presse

Hôtellerie · Tourisme · Immobilier

5 octobre 2026.

Septembre 2026 est le mois où le capital reprend la parole. L’été a confirmé la demande, la rentrée confirme l’investissement. En France, les montants investis en hôtellerie ont atteint 3 milliards d’euros en 2025, 44 % au-dessus de la moyenne décennale, et le premier semestre 2026 accélère encore à +40 %. Ce capital se déploie en montagne : le Grand Hôtel de Valloire et Galibier vise les 5*, une première en Maurienne, et Friendly Hotels veut doubler son parc alpin. La demande suit des deux côtés de la frontière. La France redevient la première destination mondiale du ski avec 56,1 millions de journées-skieurs, les remontées suisses bouclent l’été à 28 % au-dessus de leur moyenne quinquennale, et Grindelwald remplit ses lits hôteliers à 91 %. Enfin, Berne stabilise la fiscalité : le taux de TVA hôtelier de 3,8 % est prolongé jusqu’en 2031. La montée en gamme alpine dispose désormais d’une demande, d’un financement et d’un cadre.

Le Grand Hôtel de Valloire et Galibier vise les 5*, une première en Maurienne

Le Grand Hôtel de Valloire et Galibier, bâti en 1878 au cœur de la station savoyarde, change de dimension. Le groupe familial Hôtels Charme et Design, de Cécile et Stéphane Rives, porte sa transformation de 3 à 5 étoiles, une première dans le Val de Maurienne. L’établissement passera de 37 à 43 clés d’environ 25 m² et gagnera un espace bien-être de plus de 300 m², avec piscine intérieure et extérieure, fitness, sauna et hammam. Les travaux démarrent début novembre 2026 pour une livraison à l’hiver 2028-2029. L’opération a été conduite avec le bureau lyonnais de Christie et Co France.

Pourquoi c’est important : Le 5* n’est plus réservé aux stations de premier rang. Une station de taille moyenne, connue pour son domaine relié et son col mythique, accueille un projet que Christie et Co qualifie de l’un des plus ambitieux de la commune depuis des années. Pour un investisseur, c’est la démonstration qu’un actif historique bien placé peut porter une montée en gamme complète, avec un gain de prix moyen qui finance le surcroît d’investissement. Le schéma est reproductible : bâti patrimonial, ajout de quelques clés, création d’un spa qui ouvre la saison d’été et l’intersaison. Il éclaire aussi la valeur des emplacements centraux en station, devenus la matière première de ces repositionnements.

Hôtellerie française : 3 milliards d’euros investis en 2025, un rythme qui accélère en 2026

La 49e édition de l’étude de RYDGE Conseil, publiée fin septembre, chiffre à 3 milliards d’euros les investissements hôteliers réalisés en France en 2025, soit 44 % au-dessus de la moyenne des dix dernières années. La France se classe au troisième rang européen, derrière le Royaume-Uni et l’Espagne. Le premier semestre 2026 prolonge le mouvement avec 1,3 milliard d’euros de transactions, en hausse de 40 % sur un an. À fin juillet, le RevPAR progresse de 3,3 % et 14 500 chambres sont en projet d’ici 2030. Les investisseurs privilégient le haut de gamme et les destinations de loisirs, et l’étude cite les Alpes du Nord parmi les régions les plus performantes.

Pourquoi c’est important : Le marché hôtelier français n’a jamais eu autant de liquidités à placer, et la montagne figure dans la liste courte des cibles. Un volume supérieur de 44 % à la moyenne décennale signifie une concurrence accrue entre acquéreurs sur les actifs de qualité, ce qui soutient les prix de sortie. Pour un vendeur, c’est une fenêtre favorable ; pour un acquéreur, c’est un argument pour travailler le hors-marché et les actifs à repositionner, où la création de valeur reste possible. La préférence affichée pour le haut de gamme et le loisir correspond exactement au profil des stations alpines. Enfin, la croissance du RevPAR à 3,3 % confirme que les revenus suivent, ce qui rend les valorisations défendables.

Friendly Hotels veut doubler son parc alpin après Serre-Chevalier et Flaine

Le groupe Friendly Hotels, dirigé par Laurent Chelle et Eric Belluardo, accélère dans les Alpes. En mars 2026, il a repris à Colony Capital l’hôtel Le Grand Aigle 4* de Serre-Chevalier, 60 chambres au pied des pistes avec spa, avec le soutien de son partenaire financier historique 123 Investment Managers, de Bpifrance et de Small Capital. En février, il était devenu propriétaire des murs du Totem à Flaine, qu’il exploitait depuis 2019. Le groupe, qui comptait trois hôtels en montagne avant ces opérations, affiche désormais l’objectif de doubler son portefeuille à moyen terme.

Pourquoi c’est important : C’est le modèle de la plateforme alpine adossée à du capital patient qui se confirme. Un exploitant spécialisé, soutenu par un gestionnaire d’actifs, une banque publique et un fonds, achète à la fois des fonds de commerce et des murs, ce qui lui donne la maîtrise de la stratégie sur le long terme. Le rachat d’un actif détenu par Colony Capital montre aussi que les investisseurs internationaux arbitrent leurs positions en station au profit d’opérateurs français. Pour un propriétaire d’hôtel de 50 à 100 chambres en station, cette catégorie d’acquéreurs est l’interlocuteur naturel : elle cherche précisément des actifs de taille intermédiaire, au pied des pistes, avec un potentiel de montée en gamme.

Atout France : un premier bilan d’été encourageant, porté par l’hôtellerie et les clientèles internationales

Atout France a publié le 16 septembre son premier bilan de l’été 2026, établi avec France Tourisme Observation à partir de données de la Banque de France, de l’Insee, d’In Extenso et d’Amadeus. Les recettes du tourisme international atteignent 40 milliards d’euros sur les sept premiers mois de l’année, en hausse de 7 %, et sont projetées à 80 milliards sur l’année. En juillet, l’hôtellerie gagne 2 points d’occupation et 4 % de chiffre d’affaires. Chez Logis Hôtels, les clientèles internationales progressent de 19 % et les clientèles françaises de 9 %.

Pourquoi c’est important : La source nationale confirme ce que les baromètres régionaux annonçaient : l’hôtellerie est le mode d’hébergement qui capte la croissance de l’été. Des recettes internationales en hausse de 7 % sont un indicateur de pouvoir d’achat, pas seulement de volume, et elles bénéficient d’abord aux établissements capables de servir une clientèle étrangère exigeante. Pour un investisseur, la progression de 19 % des clientèles internationales dans un réseau indépendant comme Logis montre que la demande ne se concentre pas sur les seules grandes marques. C’est un argument solide pour les hôtels de montagne de taille moyenne, qui peuvent viser cette clientèle avec une montée en gamme ciblée et un positionnement quatre saisons.

La France redevient la première destination mondiale du ski avec 56,1 millions de journées-skieurs

Avec 56,1 millions de journées-skieurs sur la saison 2025-2026, en hausse de 2,4 % sur un an et de 6 % sur la moyenne des quatre saisons précédentes, la France reprend la tête du classement mondial pour la première fois depuis l’hiver 2014-2015. Elle devance l’Autriche, à 53,7 millions, et les États-Unis, à 52,6 millions. C’est la troisième meilleure saison de l’histoire des domaines skiables français, derrière 2008-2009 et 2012-2013, selon les données de Domaines Skiables de France.

Pourquoi c’est important : L’hiver reste le socle économique des actifs de montagne, et ce socle se renforce. Une fréquentation 6 % au-dessus de la moyenne récente rassure sur la solidité de la demande à l’heure où l’été gagne en importance : les deux saisons progressent ensemble, sans que l’une se substitue à l’autre. Pour un investisseur, c’est la meilleure réponse à la question du risque neige, posée à chaque comité d’investissement. Le leadership retrouvé de la France est aussi un argument commercial auprès des clientèles internationales, qui arbitrent entre les grands domaines européens. Il soutient enfin la valeur des hébergements au pied des pistes, dont la rareté reste le premier moteur de prix.

Remontées mécaniques suisses : l’été se clôt à 28 % au-dessus de la moyenne quinquennale

Remontées Mécaniques Suisses a publié le 5 octobre le bilan définitif de l’été. De mai à septembre, les premiers passages progressent de 10 % sur un an et de 28 % sur la moyenne des cinq dernières années. L’Oberland bernois mène avec +22 % sur un an et +59 % sur sa moyenne, devant les Grisons à +13 %, les Alpes vaudoises et fribourgeoises à +10 % et la Suisse centrale à +7 %. Les installations situées entre 1 000 et 2 000 mètres sont les plus dynamiques, à +15 %. « La demande touristique actuelle s’appuie sur une base large », résume le directeur Berno Stoffel.

Pourquoi c’est important : Ce bilan de clôture confirme et amplifie la tendance annoncée début septembre : la croissance s’est poursuivie en septembre, ce qui allonge la saison au-delà des vacances scolaires. Les premiers passages mesurent une fréquentation réelle, pas des intentions, et ils valident les hypothèses d’exploitation estivale des projets hôteliers suisses. La performance des altitudes moyennes, entre 1 000 et 2 000 mètres, est un signal précieux : elle concerne précisément les villages-stations où se situe l’essentiel du parc hôtelier. Pour un investisseur, une demande d’été durable sur cinq mois améliore le taux d’occupation annuel, donc la capacité de l’actif à supporter un loyer ou une dette.

Grindelwald remplit ses lits hôteliers à 91 % sur l’été

Les hôtels de Grindelwald ont atteint un taux d’occupation brut des lits de 91,2 % de mai à août 2026, sur une capacité constante de 3 056 lits. La station de l’Oberland bernois enregistre 342 801 nuitées hôtelières, en hausse de 2,2 % sur un an, avec un mois de juillet à +3,4 % et un mois d’août à +4 %. La demande progresse sur les marchés suisse, américain, allemand et japonais.

Pourquoi c’est important : Un taux d’occupation de 91 % sur quatre mois place les hôtels de Grindelwald à la limite de leur capacité. Quand le remplissage plafonne, la croissance passe par le prix moyen et par l’extension de l’offre, deux leviers favorables à la valeur des actifs existants. Pour un investisseur, c’est le profil type d’une station où le foncier hôtelier devient rare et où tout projet de nouvelles chambres trouve sa demande. La diversité des marchés en hausse, de la Suisse au Japon, réduit la dépendance à une clientèle unique et rend les revenus plus résilients. Ce chiffre illustre enfin la profondeur de la demande estivale dans les grandes stations alpines suisses.

Suisse : le taux de TVA hôtelier de 3,8 % prolongé jusqu’en 2031

Le Parlement fédéral a adopté le 2 octobre, en votations finales, la prolongation du taux spécial de TVA applicable à l’hébergement jusqu’au 31 décembre 2031. Les nuitées restent taxées à 3,8 %, au lieu du taux normal de 8,1 %. Le Conseil national a validé le texte en session d’automne et le Conseil des États s’est rallié à sa décision. HotellerieSuisse salue la prolongation tout en regrettant sa durée : la faîtière demandait une échéance à fin 2035, estimant que quatre ans sont un horizon court pour des cycles d’investissement hôteliers.

Pourquoi c’est important : La fiscalité de l’hébergement suisse est stabilisée pour cinq exercices. Un écart de plus de quatre points avec le taux normal pèse directement sur le prix de vente des nuitées et sur la marge des exploitants, en particulier face à la concurrence des pays voisins. Pour un investisseur, cette visibilité sécurise les plans d’affaires des acquisitions et des rénovations engagées aujourd’hui. Le débat sur la durée rappelle toutefois que les décisions de long terme doivent intégrer un scénario de retour au taux normal après 2031. C’est un paramètre à modéliser dans les business plans suisses, au même titre que le taux d’occupation ou le loyer.

En résumé : 3 signaux de septembre 2026

Signal #1 : Demande, l’été et l’hiver progressent ensemble

La France redevient la première destination mondiale du ski avec 56,1 millions de journées-skieurs, pendant que les remontées suisses bouclent l’été à 28 % au-dessus de leur moyenne quinquennale. Grindelwald remplit ses hôtels à 91 %. La bi-saisonnalité alpine ne se construit pas au détriment de l’hiver : elle s’y ajoute.

Signal #2 : Capital, les liquidités record cherchent le haut de gamme et le loisir

Avec 3 milliards d’euros investis en 2025 et un premier semestre 2026 à +40 %, l’hôtellerie française attire des volumes inédits. En montagne, ce capital finance des montées en gamme, comme à Valloire, et des plateformes d’exploitants, comme Friendly Hotels. Les actifs de taille intermédiaire au pied des pistes deviennent une cible prioritaire.

Signal #3 : Cadre, Berne donne de la visibilité aux hôteliers

La prolongation du taux de TVA à 3,8 % jusqu’en 2031 stabilise la fiscalité de l’hébergement suisse pour cinq exercices. C’est un paramètre favorable pour les acquisitions et rénovations engagées maintenant, à condition de modéliser l’après-2031 dans les plans d’affaires.

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